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La lettre de janvier

Lettre à l’attention de nos clients, amis et partenaires
Janvier. Fidèles au complexe de Prométhée décrit par Gaston Bachelard, nous faisons de notre croissance une conquête du feu de l’innovation, disciplinée par l’exigence et la responsabilité.
Le mois de janvier est inaugural.
Il tient son nom du dieu romain Janus, dieu des commencements et des fins, des passages et des portes.
Pour la plupart, il marque le commencement. Il inaugure l’année civile, mais aussi l’année fiscale, sociale, comptable.
Pour les avocats, janvier semble ouvrir l’année comme il ouvre une porte.
C’est le mois des prestations de serment, le mois où s’amorcent des carrières appelées à durer.
Cette année, la porte, lourde et sacerdotale du barreau, a vu passer sous son linteau quatre nouvelles avocates : Léa Ducheix, Emma Cherfils, Iris Legghe et Lisa Van der Straaten.
Le cabinet a eu l’indicible joie d’y assister.
Les quatre fantastiques.
Le cabinet s’est renforcé avec la prestation de serment de quatre nouvelles avocates, et pas n’importe lesquelles. Prêter serment, c’est accéder à cette profession sacerdotale.
Citons Pierre-Yves GAUTIER (« Des qualités requises d’un avocat à la Cour : le faîte de Georges Kiejman », Recueil Dalloz, 2023 p. 957) ; son propos envers son Maître est inégalable : « Qu’attend-on d’un avocat, comment le définir, quelle que soit sa spécialité ? Un professionnel accomplissant avec méthode le “devoir de compétence”, fût-il de moyens, qu’a dégagé la jurisprudence. Sachant que plus il est reconnu, moins il doit céder aux facilités du succès. Une rigueur intellectuelle à exécution successive, pour toute la carrière. Décomposons brièvement.
D’abord, l’attention la plus extrême aux faits, passer des journées à dépouiller les documents, si cela s’avère nécessaire. La prise de notes, les passages soulignés (et pas sur écran, avec des “ PDF annotables ”...). Le tri entre ceux qui sont essentiels et ceux qu’on peut écarter.
Ensuite, la documentation juridique, sans s’interdire aucune recherche, les manuels étant consultés en premier, pour aller vite, car la doctrine permet, par son expérience et sa hauteur, sa sélection préalable des références, les idées qu’elle pousse, dans un sens ou l’autre, de devenir savant en un trait de temps. Ce qui est à comparer avec l’engluement des bases de données, compilations s’ouvrant à l’infini, de “ clic en clic ”, sans qu’on soit en mesure de faire soi-même de telles synthèses, faute de temps, d’expérience aussi, à chacun ses attributions chez les juristes - ici, l’École et le Palais - cela ne change pas, quelles que soient les évolutions. »
D’ailleurs, est-ce propre à notre profession ? Hubert Beuve-Méry, citant Charles Péguy, illustrait cette exigence par la parabole du bâton de chaise : « Il fallait qu’un bâton de chaise fût bien fait. C’était entendu. C’était un primat (...). Toute partie, dans la chaise, qui ne se voyait pas, était exactement aussi bien faite que ce qu’on voyait. C’était le principe même des cathédrales. »
Plongée au coeur du cabinet.
Un cabinet ne se raconte pas seulement par ses dossiers. Il se vit, dans une manière de travailler ensemble, d’exercer le droit et de tenir l’exigence au quotidien.
Le Barreau-Mètre propose ce regard intérieur, une évaluation fondée sur l’expérience vécue, loin des discours de façade. Il donne à voir ce que nous cherchons à faire durer : une pratique collective, indépendante et exigeante.
Compliments.
Il faut recevoir les compliments comme un acompte, avec humilité, et un léger mouvement de recul, mais ils ne se refusent jamais disait Talleyrand. La rédaction du Grand Forum du Patrimoine (Groupe Ficade) a distingué notre associé parmi « Les 100 qui font le patrimoine » en France, en 2026.
Cette reconnaissance met en lumière la pratique qu’il a développée au sein du département fiscalité qu’il a fondé : une approche resserrée de la structuration patrimoniale, attentive aux équilibres juridiques et fiscaux propres à chaque situation.
P.-S. : Anthony appréciant comme nous tous Marcel Pagnol, on ne résiste pas à partager ces quelques lignes : « J’entrai dans la grande salle, et je vis ces pupitres noirs, couverts de graffitis, ces encriers de faïence blanche, ces plumes d’oie soigneusement taillées. L’odeur de l’encre me monta au cœur, et je sentis pour la première fois ce mélange de crainte et de fierté que donne l’école. ». Est-ce qu’on étudie encore La Gloire de mon père (1957, éditions de Fallois) de Marcel Pagnol ? Il le faut.
Guerre économique, amandes et sanctions envers les pratiques d’entreprises américaines.
Le cabinet accompagne la Compagnie des Amandes, entreprise française fondée par Arnaud Montebourg et François Moulias, engagée dans la structuration d’une filière agricole durable, dans le cadre d’une plainte déposée devant l’Autorité de la concurrence.
Cette procédure vise à faire reconnaître l’existence d’un abus de position dominante collective exercé par les producteurs américains d’amandes, dont la suprématie sur le marché mondial repose sur des pratiques agricoles intensives à fort impact environnemental. Ces pratiques, largement documentées, procurent un avantage compétitif déterminant au détriment des producteurs européens, soumis à des normes environnementales et sanitaires autrement plus exigeantes.
L’enjeu dépasse le seul marché de l’amande. Cette action invite l’Autorité de la concurrence à se prononcer sur un terrain encore peu exploré : celui de la prise en compte des externalités environnementales comme facteur de distorsion de concurrence, et à esquisser les contours d’un marché où performance économique et responsabilité écologique ne seraient plus dissociées.
Publications.
Employeurs : ce qui change en 2026… et ce qui peut déjà vous coûter.
Le début de l’année 2026 n’est pas marqué par une grande réforme spectaculaire, mais par une série de déplacements plus discrets : le coût des ruptures augmente, la mécanique de la paie évolue et la transparence salariale s’installe progressivement dans le paysage social.
L’enjeu, côté employeur, consiste moins à intégrer des nouveautés qu’à identifier les points de vigilance immédiats, là où une pratique installée peut, désormais, devenir coûteuse.
Virginie Cadouin et Emma Cherfils reviennent sur ces évolutions et sur les zones d’attention à intégrer sans attendre dans la gestion sociale.
Éloges flatteurs.
Classements.
Les classements Décideurs 2025 viennent, une nouvelle fois, souligner la cohérence et la solidité des pratiques développées au sein du cabinet.
Ils distinguent des équipes engagées sur des contentieux commerciaux à forts enjeux, des actions en concurrence déloyale et follow-on, une pratique reconnue du droit de la distribution, ainsi qu’une activité soutenue en fusions-acquisitions, en fiscalité patrimoniale, en restructuring ainsi que sur des enjeux liés à l’innovation et aux actifs numériques.
P.-S. : Pour sourire un peu, souvenons-nous de cette réplique de Julia Roberts dans Pretty Woman : « Vous devez être avocat : vous dégagez quelque chose de malin et d'inutile. »
Trophées du Droit.

Le 29 janvier, à l’occasion du Sommet du Droit 2026, le cabinet a été distingué dans plusieurs catégories.
Cette édition met en lumière, en premier lieu, la reconnaissance de notre activité contentieuse, avec une première place dans la catégorie des contentieux supérieurs à 100 millions d’euros. Elle souligne une exigence assumée, portée notamment par notre département guerre économique.
Le cabinet se classe par ailleurs à la deuxième place en tant que firme régionale, après deux années consécutives de distinction au premier rang, ainsi qu’à la deuxième place dans la catégorie « cabinet innovant de l’année ».
Lecture : Conversations américaines, de Jean-Claude MICHEA
Conversations américaines prend la forme d’entretiens entre Jean-Claude Michéa et l’historien Michael C. Behrent. Michéa y prolonge sa critique du libéralisme, entendu comme un bloc associant économie de marché et progressisme culturel. L’ouvrage analyse la crise des gauches occidentales et leur éloignement des classes populaires, en France comme aux États-Unis. Le détour américain sert de miroir pour penser les impasses politiques européennes. Le ton est à la fois pédagogique, polémique mesurée et fidèle à l’« orwellisme » revendiqué par Michéa. |





